Aujourd’hui je laisse le temps me caresser,
Je le laisse s’échapper plus lentement que d’habitude,
N’est-ce pas ce que l’on doit faire le dimanche ?
Je vois et je regarde le ciel bleu gris, le brouillard,
Ma mélancolie arrive par vagues et je peux presque,
L’entendre, murmurer comme-ci nous étions encore sur le sable,
Une lueur chaude sur la peau et la brise dans tes cheveux.

Aujourd’hui je laisse le temps s’enfuir loin de moi,
Comme-ci être ici ou ailleurs n’avais pas d’importance,
Je soupire doucement en me glissant à la cuisine,
Est-ce que je dois, est-ce que je devrais,
C’est l’importance de revenir à soi et de regarder,
Se regarder de plus haut, de l’extérieur,
Éteindre le lien du corps à l’âme, de s’enivrer
De vagues à l’âme.

Oui, je les entends ces vagues,
Comme deux sexes en mouvements,
Le va et vient du monde entier entre nos mains,
Et les lèvres entrouvertes s’en vouloir encore.
Comme-ci ça ne suffisait pas d’avoir mes mains
Sur toi et mon corps contre le tien.

Le brouillard se rapproche il pourrait bien
M’emporter quelque part dans un dernier soupir,
J’imagine ces branches séchées me transpercer,
Parce qu’être animé par la nature devient mon dernier souhait.

Et j’expire, après j’inspire, je vois mon ventre bouger,
Je le regarde et je vois toute la beauté,
D’un corps vivant auquel on n’a rien demandé,
Je lui donne quelque chose à manger,
Parce qu’il faut bien qu’il vive si je veux
Encore de mes yeux voire le monde entier.

Alors, je laisse le temps s’enfuir de moi, doucement,
Comme une blessure au milieu du cœur,
D’un monde trop beau pour exister,
D’un corps trop peu présent pour être à lui,
Je laisse le temps glisser entre mes mains,
Comme le sable doux qui nous surprends,
Et j’expire, après j’inspire.

Catégories : Poésies